Nov 292013
 

En septembre 1945, les Régiments de Tirailleurs Marocains – dont le 1er RTM – quittent l’Autriche pour regagner la France. La plupart de ces soldats repartiront aussitôt pour l’Indochine où beaucoup d’entre eux périront.

Les trois mois passés en Autriche constituent pour ces hommes, qui ont vécu les horreurs des batailles en Italie : Garigliano, puis celles de l’Alsace : forêt de la Hardt, Thann et enfin la percée en Allemagne et en Autriche, un havre de paix où ils reprennent goût à une existence paisible.

Inévitablement, il se crée des liens entre ces soldats et les jeunes Autrichiennes. Durant l’année 1946 environ 700 enfants naitront des ces unions dans la province du Vorarlberg.

Enfants de la guerre, mais enfants au père inconnu ou disparu, ils auront à subir une vie marginalisée. Les mères seront considérées comme ayant pactisé avec l’armée d’occupation et trahi leur pays, les enfants, eux, comme étant le fruit d’une union coupable.

Comme pour cacher une faute ou un péché, les photos, les lettres qui témoignent de ce passé seront détruites par les familles.

vorarlberg-02Malgré ces obstacles difficilement surmontables, ces enfants tenteront sans relâche de retrouver leur père. Certains se rendront dans les cimetières d’Indochine, des associations seront crées, des voyages au Maroc entrepris, mais les soldats survivants sont désormais octogénaires, aussi les chances de retrouver le père vivant, très faibles.

Clément Mutombo a rencontré ces enfants de la guerre, aujourd’hui âgés de plus de soixante ans. Son ouvrage intitulé « Les damnés innocents du Vorarlberg » contient plusieurs témoignages bouleversants. On mesure combien ces hommes et ces femmes ont eu à souffrir de cette blessure qu’ils ont portée en eux toute une vie durant, blessure du père inconnu, du père espéré, mais aussi blessure de l’opprobre jetée sur eux par leurs compatriotes.

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